Article mis à jour en août 2026.
Cumuler une activité hospitalière et une activité libérale peut répondre à plusieurs objectifs : diversifier sa pratique, découvrir un autre cadre d’exercice ou préparer progressivement une transition vers le libéral. Ce double exercice reste toutefois soumis à des règles précises.
La réponse dépend notamment de votre statut hospitalier, de votre contrat, des règles internes de votre établissement et du type d’activité envisagé. Il faut en particulier distinguer l’activité libérale exercée au sein de l’hôpital de l’activité libérale extérieure, qui relèvent de cadres différents.
Avant de vous lancer, il est donc essentiel de vérifier les conditions applicables à votre situation, les démarches à effectuer et les points de vigilance à anticiper. Cet article vous aide à faire le point et à structurer votre projet de manière progressive et sécurisée.
Oui, un praticien hospitalier peut, dans certaines situations, cumuler son activité à l’hôpital avec une activité libérale. Les conditions à respecter dépendent toutefois de son statut, de son contrat et du type d’activité envisagé.
Il faut notamment distinguer deux cadres.
L’activité libérale intra-hospitalière est exercée dans un établissement public de santé, dans le cadre spécifique prévu par le Code de la santé publique. Elle est notamment soumise à des conditions de conventionnement, d’organisation et de contrôle. Les modalités d’exercice font l’objet d’un contrat conclu entre le praticien et l’établissement.
Un praticien hospitalier qui envisage une activité privée lucrative extérieure doit en informer par écrit le directeur de son établissement principal au moins deux mois avant le début de cette activité. Il doit également fournir les justificatifs relatifs au lieu d’exercice et à la nature des missions envisagées.
Cette règle est prévue par l’article R6152-26-4 du Code de la santé publique.
La possibilité d’exercer à l’extérieur doit néanmoins être appréciée au regard du statut précis du médecin, de son contrat et des éventuelles restrictions applicables. Les possibilités de cumul doivent donc être étudiées au cas par cas.
Le cumul doit également rester compatible avec l’indépendance et la dignité professionnelles du médecin. Il ne doit pas lui permettre de tirer profit de ses prescriptions ou de ses conseils médicaux, conformément à l’article 26 du Code de déontologie médicale.
Lorsqu’une activité libérale implique un lieu d’exercice supplémentaire, une déclaration doit aussi être adressée au Conseil départemental de l’Ordre compétent, en principe au plus tard deux mois avant le début de l’activité.
Avant d’entamer les démarches, il est donc recommandé de relire son contrat, de vérifier son statut et de consulter la direction des affaires médicales de son établissement. Le Conseil départemental de l’Ordre peut également préciser les formalités applicables au projet envisagé.
L’activité libérale intra-hospitalière permet à certains praticiens d’exercer une activité libérale au sein d’un établissement public de santé. Elle relève d’un cadre distinct de l’activité libérale exercée dans un cabinet extérieur.
Pour en bénéficier, le praticien doit notamment avoir adhéré à la convention conclue avec l’Assurance Maladie et ne pas exercer d’activité libérale en dehors des établissements publics de santé. L’activité libérale doit également porter sur des actes, consultations ou soins de même nature que ceux réalisés dans le cadre de l’activité publique.
Le Code de la santé publique prévoit plusieurs conditions :
Les modalités d’exercice sont précisées dans un contrat d’activité libérale conclu avec l’établissement public de santé. Ce contrat encadre notamment l’organisation de l’activité et, lorsqu’elle est partagée au sein d’un groupement hospitalier de territoire, sa répartition entre les établissements concernés. Son approbation vaut autorisation d’exercer cette activité libérale.
L’établissement doit également élaborer une charte de l’activité libérale intra-hospitalière, conforme à une charte-type fixée par arrêté. Celle-ci précise les règles communes applicables dans l’établissement.
Le patient doit choisir explicitement d’être accompagné dans le cadre de l’activité libérale du praticien. Avant tout acte ou consultation, il doit recevoir les informations relatives aux règles et aux conditions financières applicables à ce choix. En cas d’hospitalisation, son choix doit être formulé par écrit.
L’organisation de l’établissement doit par ailleurs permettre de distinguer clairement l’activité publique de l’activité libérale, afin d’éviter toute confusion pour les patients.
L’activité libérale donne lieu au versement d’une redevance à l’établissement. Son montant ne peut pas être résumé par un pourcentage unique : ses modalités de calcul sont définies par les textes réglementaires et varient notamment selon la nature de l’activité réalisée.
L’établissement recueille également de manière informatisée le nombre et la nature des actes et consultations réalisés au titre de l’activité publique. Ce suivi permet de contrôler le respect des limites fixées pour l’activité libérale. Une commission locale veille plus largement au respect des textes et du contrat du praticien.
Tous les médecins hospitaliers ne souhaitent pas exercer leur activité libérale au sein de leur établissement. Certains envisagent plutôt de consulter dans un cabinet médical, une structure pluridisciplinaire ou dans le cadre d'un remplacement. Là encore, les règles applicables dépendent du statut du praticien et des conditions prévues par son contrat.
Avant de démarrer une activité libérale extérieure, plusieurs points méritent d'être vérifiés.
Les possibilités de cumul ne sont pas identiques selon que vous êtes praticien hospitalier à temps plein, à temps partiel, contractuel ou attaché. Certaines dispositions sont prévues directement par le Code de la santé publique, tandis que d'autres peuvent découler de votre contrat ou des règles internes de votre établissement.
Avant tout projet, il est donc recommandé de relire votre contrat et d'échanger avec votre direction des affaires médicales afin de vérifier les conditions applicables à votre situation.
Lorsqu'un praticien hospitalier souhaite exercer une activité privée lucrative en dehors de son établissement, il doit en informer par écrit le directeur de son établissement principal au moins deux mois avant le début de cette activité, en précisant notamment le lieu et la nature de l'exercice envisagé.
Selon votre projet, des formalités peuvent également être nécessaires auprès du Conseil départemental de l'Ordre des médecins, notamment en cas d'ouverture d'un nouveau lieu d'exercice.
L'exercice hospitalier et l'activité libérale doivent rester clairement distincts.
Cela implique notamment de :
Le Code de déontologie médicale rappelle en particulier qu'un médecin ne peut exercer une autre activité que si celle-ci reste compatible avec son indépendance professionnelle et ne lui permet pas de tirer profit de ses prescriptions ou de ses conseils médicaux.
Selon les contrats, la responsabilité civile professionnelle souscrite pour l'activité hospitalière ne couvre pas nécessairement une activité libérale.
Avant de commencer à consulter en dehors de l'hôpital, il est donc important de vérifier auprès de votre assureur que votre contrat couvre bien cette nouvelle activité et, si nécessaire, de souscrire une garantie adaptée.
💡À retenir : avant de cumuler une activité hospitalière et une activité libérale extérieure, prenez le temps de vérifier votre statut, vos obligations réglementaires et votre couverture assurantielle. Quelques démarches réalisées en amont permettent de sécuriser durablement votre projet d'exercice.
Les possibilités de cumul varient selon le statut du médecin. C'est pourquoi il est difficile d'appliquer une règle unique à tous les professionnels exerçant à l'hôpital.
Le tableau ci-dessous présente les principales situations rencontrées. Il s'agit d'un repère général : avant tout projet, il est indispensable de vérifier les dispositions applicables à votre contrat et, si nécessaire, de solliciter votre direction des affaires médicales ou votre Conseil départemental de l'Ordre des médecins.
Il est également important de rappeler que le Code de déontologie médicale s'applique quel que soit le statut du médecin. L'activité complémentaire ne doit pas porter atteinte à l'indépendance professionnelle, créer de conflit d'intérêts ou nuire à la qualité et à la continuité des soins.
Pour certains médecins, cumuler une activité hospitalière et une activité libérale est une façon de préparer progressivement une transition vers un autre mode d'exercice. Cette période permet de découvrir le libéral, d'évaluer son organisation et de développer une activité complémentaire, tout en conservant un ancrage à l'hôpital.
L'exercice libéral ne passe pas nécessairement par l'ouverture d'un cabinet individuel. Selon votre projet, vous pouvez également exercer en cabinet partagé, effectuer des remplacements ou rejoindre une structure pluridisciplinaire.
Quelle que soit l'option retenue, il est important de veiller à préserver un équilibre entre vos deux activités afin d'éviter une surcharge de travail.
💡À lire aussi :
Avant de démarrer une activité libérale en complément de votre exercice hospitalier, quelques démarches permettent de sécuriser votre projet.
Commencez par identifier les règles applicables à votre situation. Selon votre statut, certaines formalités ou restrictions peuvent s'appliquer. En cas de doute, rapprochez-vous de votre direction des affaires médicales.
Selon l'activité envisagée, vous devrez informer votre établissement ou conclure un contrat d'activité libérale. Certaines situations nécessitent également une déclaration auprès du Conseil départemental de l'Ordre des médecins, notamment en cas de nouveau lieu d'exercice.
Une fois les autorisations ou déclarations effectuées, vous devrez créer votre activité, choisir le statut juridique et fiscal le plus adapté, vérifier votre secteur conventionnel, souscrire une assurance responsabilité civile professionnelle adaptée et organiser votre comptabilité.
💡Bon à savoir : si vous envisagez de développer progressivement une activité libérale, anticiper ces démarches en amont vous permettra de démarrer plus sereinement et d'éviter des régularisations administratives par la suite.
Certaines erreurs peuvent compliquer votre projet ou vous exposer à des difficultés réglementaires.
Les principales sont :
En cas de doute, mieux vaut prendre le temps de faire le point en amont avec les interlocuteurs concernés plutôt que d'engager votre activité sans avoir sécurisé votre projet.
Ouvrir son propre cabinet n'est pas la seule façon de développer une activité libérale. Selon votre projet, plusieurs modes d'exercice sont possibles :
Pour un médecin hospitalier, ces solutions permettent de découvrir progressivement le libéral, sans assumer immédiatement toutes les contraintes d'une installation en cabinet individuel.
Rejoindre une structure déjà organisée peut notamment permettre de :
Chez Sorella, les médecins exercent dans des espaces de santé pluridisciplinaires dédiés à la santé de la femme. Ils bénéficient d'un environnement coordonné et d'un accompagnement sur les aspects organisationnels et administratifs, afin de pouvoir consacrer davantage de temps aux soins.
La possibilité de rejoindre Sorella en complément d'une activité hospitalière dépend toutefois de votre statut, des règles de votre établissement et des opportunités de recrutement. Chaque situation est étudiée au cas par cas.
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Oui, dans certaines situations. Les conditions dépendent notamment de votre statut, de votre contrat et du type d'activité libérale envisagé. Il est donc important de vérifier les règles applicables avant de démarrer votre projet.
L'activité libérale intra-hospitalière est exercée au sein d'un établissement public de santé et répond à un cadre réglementaire spécifique. L'activité libérale extérieure, exercée en cabinet ou dans une autre structure, relève de règles différentes selon le statut du médecin.
Les démarches varient selon votre situation. Elles peuvent comprendre une information de votre établissement, la conclusion d'un contrat d'activité libérale ou des formalités auprès du Conseil départemental de l'Ordre des médecins.
Cela peut être possible, mais les conditions dépendent du statut du praticien, de son contrat et des règles applicables dans son établissement. Il est recommandé de vérifier votre situation avant d'engager les démarches.
Oui. Vous pouvez développer une activité libérale grâce au remplacement, à la collaboration libérale, au cabinet partagé ou en rejoignant une structure pluridisciplinaire.
Avant de vous lancer, vérifiez les règles applicables à votre statut, effectuez les démarches nécessaires auprès de votre établissement et assurez-vous de bien distinguer votre activité hospitalière de votre activité libérale. Cela vous permettra de sécuriser votre projet.





















