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Médecin libéral : bien choisir son lieu d’exercice pour réussir son installation
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Médecin libéral : bien choisir son lieu d’exercice pour réussir son installation

Publié le
20/1/26
5
min
À savoir
Une analyse du territoire permet de sécuriser le démarrage et d’éviter les mauvaises surprises.

S’installer en libéral, ce n’est pas seulement « se mettre à son compte ». C’est choisir un quotidien, un rythme de vie, une patientèle… et souvent une nouvelle façon d’exercer son métier. Au cœur de ce projet, une question revient très vite : où vais-je m’installer ? Dans un cabinet individuel en centre-ville, une maison de santé à la périphérie, une structure pluridisciplinaire déjà organisée ?

Le choix du lieu d’exercice est loin d’être anodin. Il influence le nombre de patients que vous verrez chaque jour, vos revenus, vos trajets, vos soirées, votre charge mentale… et le plaisir que vous prendrez à exercer. Un même médecin ne vivra pas du tout la même installation selon qu’il travaille seul dans un cabinet isolé ou intégré à un réseau coordonné, avec une équipe et des outils déjà en place.

Dans cet article, nous allons passer en revue les critères concrets à prendre en compte pour choisir un lieu d’exercice qui soutient vraiment votre projet : territoire, patientèle, conditions matérielles, équilibre de vie et accompagnement. L’objectif est de vous aider à faire un choix aligné avec vos envies et votre manière de soigner !

Clarifier son projet d’exercice avant de choisir un emplacement pour son activité de médecin libéral

Avant de chercher une ville, un local ou une structure, il est essentiel de clarifier votre projet professionnel. Le lieu d’exercice doit s’adapter à votre manière de travailler, et non l’inverse !

Trois questions peuvent servir de fil conducteur.

→ Souhaitez-vous exercer seul ou au sein d’une équipe ?

Le cabinet individuel convient aux médecins qui apprécient une autonomie totale : organisation du planning, choix des outils, méthodes de suivi, prise de décision rapide. C’est un modèle qui attire souvent par sa liberté, mais il demande aussi de la disponibilité pour gérer la logistique (contrats, nettoyage, matériel, informatique, facturation).

À l’inverse, s’intégrer dans un cabinet de groupe, une maison de santé ou une structure pluridisciplinaire évite l’isolement et permet de partager des responsabilités. Les échanges cliniques, les orientations de patientèle et la coordination améliorent la prise en charge et rendent l’exercice plus fluide.

→ Quel niveau d’implication organisationnelle souhaitez-vous ?

L’exercice libéral ne se limite pas à la consultation. Selon le cadre choisi, le temps consacré à la gestion peut varier considérablement.

Par exemple, dans un cabinet individuel, vous gérez directement l’ensemble des aspects du cabinet : contrats fournisseurs, renouvellement du matériel, relation avec le comptable, paramétrage des logiciels, organisation du secrétariat ou du standard téléphonique.

Dans un cabinet de groupe ou une structure organisée, ces missions sont souvent réparties ou déléguées. Un secrétariat commun prend en charge les appels et les rendez-vous, une équipe administrative s’occupe des outils métier et de la conformité, et les décisions d’investissement sont discutées collectivement.

→ Quelle vision à moyen et long terme pour votre activité ?

Le lieu doit permettre de construire la trajectoire professionnelle que vous imaginez, par exemple :

  • exercer à temps plein ou à temps partiel ;
  • développer une spécialité (gynécologie médicale, patientèle adolescente, médecine du sport…) ;
  • organiser des ateliers, des consultations longues, des suivis pour des pathologies chroniques ;
  • rejoindre une structure avec possibilité d’association ou de collaboration.

Certains lieux offrent uniquement une salle et un loyer. D’autres proposent un environnement plus structuré, une dynamique de coordination, voire des actions de prévention ou d’éducation thérapeutique. Selon ce que vous souhaitez construire, l’un ou l’autre sera plus adapté !

Étudier le territoire de manière concrète

Une installation réussie repose rarement sur l’intuition ou « l’endroit qui paraît sympa ». Une analyse du territoire permet de sécuriser le démarrage et d’éviter les mauvaises surprises. L’objectif est de vérifier qu’il existe une demande réelle pour votre activité, dans des conditions compatibles avec votre projet et votre équilibre personnel.

1. La démographie médicale et l’offre de soins déjà présente


 Il ne s’agit pas uniquement de compter le nombre de médecins dans la zone, mais de comprendre ce que cela signifie pour votre activité. Voici quelques points à examiner :

  • âge moyen des médecins en exercice (proche des départs à la retraite ou non) ;
  • délais moyens pour obtenir un rendez-vous dans la spécialité ;
  • types de consultations proposées (consultations courtes, régulières, spécialisées, pédiatriques, gériatriques, etc.) ;
  • présence ou non de remplaçants, de collaborateurs, d’assistants.

Un territoire peut sembler « saturé » sur le papier mais être en réalité sous tension si les professionnels approchent de la retraite ou ne prennent plus de nouveaux patients.

2. Les besoins de santé de la population locale


Chaque bassin de population a ses priorités sanitaires. Voici quelques indicateurs utiles :

  • proportion de familles avec enfants ;
  • vieillissement de la population ;
  • présence d’étudiants ou de travailleurs saisonniers ;
  • zones avec forte précarité sociale ou isolement géographique.

Un secteur très familial fera par exemple davantage appel à la pédiatrie, à la prévention par exemple, tandis qu’un territoire vieillissant sollicitera une activité plus importante en suivi de pathologies chroniques, gériatrie ou cardiologie.

3. Les infrastructures de santé à proximité


Un médecin ne travaille pas complètement seul dans le système de soins, il s’appuie sur son environnement. Avant de s’installer, il est utile d’identifier :

  • la distance avec le laboratoire le plus proche ;
  • la présence de spécialistes complémentaires ;
  • l’accès aux équipements d’imagerie médicale ;
  • la proximité d’un hôpital, d’un service d’urgences ou d’un SSR.

4. L’accessibilité et la mobilité des patients


Un lieu d’exercice peut être d’excellente qualité… mais difficile d’accès, synonyme de rendez-vous annulés et d’activité fluctuante. Voici une liste non exhaustive de ce que vous devrez évaluer :

  • stationnement (gratuit ou non) ;
  • transports en commun ;
  • accessibilité PMR (handicap) ;
  • visibilité du cabinet depuis la rue ;
  • emplacement au rez-de-chaussée ou en étage.

Ce sont des détails déterminants dans la réalité d’un cabinet.

5. Le dynamisme du territoire


Un territoire en développement (création de nouveaux logements, arrivée de professionnels paramédicaux, ouverture de commerces ou d’établissements scolaires) soutient généralement l’activité médicale. Les mairies et CPAM publient souvent des données accessibles sur les besoins de santé des communes.

Anticiper l’impact financier du lieu choisi pour son exercice libéral

Le lieu d’exercice conditionne aussi le niveau d’investissement nécessaire et la rentabilité de l’activité. Un emplacement peut sembler séduisant au premier abord, mais devenir difficile à assumer financièrement si les charges sont trop lourdes ou si le rythme d’activité ne compense pas les coûts.

Le coût du local et ses implications


Le loyer est souvent la première dépense à anticiper, mais il n’est qu’une partie de toutes les dépenses. Selon le type de cabinet :

  • Cabinet individuel : loyer + charges locatives + entretien + électricité + internet + ménage + consommables + matériel.
  • Cabinet de groupe / maison de santé : les coûts sont partagés, mais un contrat précise la répartition des dépenses et les modalités de sortie.
  • Structure équipée clé en main : pas d’investissement initial important, mais une contribution mensuelle ou un pourcentage du chiffre d’affaires pour couvrir les services inclus.

Au-delà du montant, l’essentiel est de vérifier si le modèle économique est compatible avec votre rythme de travail souhaité.

Le matériel et les outils professionnels


 Selon le lieu, ces dépenses peuvent varier fortement :

  • en installation individuelle, vous financez l’intégralité de l’aménagement du cabinet (mobilier, matériel médical, lecteur de cartes Vitale, informatique, éventuelle solution de secrétariat, logiciel métier) ;
  • en cabinet partagé ou structure organisée, ce matériel est souvent déjà présent ou mutualisé.

Le matériel initial représente généralement 3 000 à 10 000 € pour un médecin libéral, selon le niveau d’équipement souhaité. Ce coût disparaît lorsqu’on rejoint un lieu déjà équipé.

Le modèle de rémunération et sa stabilité


 Le choix du lieu influence aussi la manière dont vous serez rémunéré :

  • en cabinet individuel, vos revenus dépendent exclusivement du volume d’actes réalisés, ce qui implique donc de construire et fidéliser votre patientèle ;
  • en cabinet de groupe ou maison de santé, la visibilité du lieu et le flux naturel de patients assurent généralement un démarrage plus rapide ;
  • dans une structure pluridisciplinaire déjà opérationnelle, le remplissage peut être quasi immédiat grâce à la patientèle existante et aux orientations internes.

Plus la patientèle met du temps à se constituer, plus le démarrage est coûteux. Il est donc important de s’assurer que l’emplacement favorise un remplissage rapide du planning.

La phase de démarrage


Pendant les premiers mois, les dépenses arrivent avant les revenus. Le bon lieu est celui qui limite ce décalage. Un emplacement à fort potentiel mais nécessitant du temps pour construire une patientèle demandera une trésorerie plus confortable qu’un lieu où l’activité démarre rapidement.

Si vous hésitez entre plusieurs options, il peut être utile de rencontrer des professionnels déjà installés, de visiter plusieurs lieux, et de vous faire accompagner pour analyser les aspects administratifs et financiers. 

Sachez que chez Sorella, les médecins exercent dans des cabinets équipés, avec des outils numériques opérationnels dès le premier jour, une patientèle déjà existante, et un accompagnement administratif pour l’installation, la coordination et la pratique au quotidien. Cette approche permet d’exercer en libéral tout en conservant un cadre structuré.

Et si vous souhaitez avancer sereinement, notre Guide pratique de l’installation en libéral rassemble toutes les informations pratiques, les démarches incontournables et des conseils  pour vous accompagner du premier projet jusqu’à l’accueil de vos premiers patients !

Article rédigé avec 🧡 par Sorella

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