5/5 sur 844 avis ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

NOS RESSOURCES >  BLOG >
Sage-femme libérale : Comment fixer ses honoraires et facturer sans erreurs (NGAP, OPTAM…) ?
conseils

Sage-femme libérale : Comment fixer ses honoraires et facturer sans erreurs (NGAP, OPTAM…) ?

Publié le
23/1/26
5
min
À savoir
En tant que sage-femme libérale, la grande majorité de vos actes sont encadrés par la NGAP (Nomenclature Générale des Actes Professionnels).

S’installer en libéral, c’est gagner en liberté… et se retrouver face à des questions très concrètes : comment fixer ses honoraires, quels actes coter, comment éviter les rejets de factures et les malentendus avec les patientes ?

Entre la NGAP, certains actes codés en CCAM et les règles de facturation propres à l’exercice libéral, le sujet peut vite sembler technique. L’objectif de cet article est de poser le cadre et de vous donner des repères clairs pour facturer et fixer vos honoraires, en toute sérénité.

Présentation du cadre de la facturation : NGAP et CCAM pour les sages-femmes

La NGAP


En tant que sage-femme libérale, la grande majorité de vos actes sont encadrés par la NGAP (Nomenclature Générale des Actes Professionnels). C’est la base tarifaire utilisée pour de nombreux actes libéraux. Chaque acte est défini par un code, une lettre-clé, un coefficient, et un tarif fixe à appliquer.

Pour vous repérer, voici ce qu’il faut retenir :

  • une lettre-clé comme C, SF, SP, V… par exemple : C = consultation, SF = acte de sage-femme.
  • un coefficient qui multiplie cette lettre-clé (par exemple SF12) → tarif = valeur de la lettre × 12.
  • un tarif fixe à jour, par exemple une consultation de sage-femme peut être cotée C + MSF (majoration sage-femme) à environ 26,50 € pour la métropole en 2025. 

La CCAM


Mais, certains actes, notamment les gestes dits techniques (pose de DIU, échographie, etc.) relèvent de la CCAM (Classification Commune des Actes Médicaux) plutôt que de la NGAP. En effet, la France utilise deux systèmes de tarification différents selon la nature de l’acte :

Type d'acte Référentiel Principe
Actes cliniques / consultations / suivi NGAP Tarifs forfaitaires basés sur des lettres-clés + coefficient
Actes techniques / gestes médicaux CCAM Tarifs définis en fonction du geste réalisé, de sa complexité et de ses conditions de réalisation



Quand une sage-femme réalise une consultation, un entretien prénatal, un suivi postnatal, une visite à domicile, une rééducation périnéale, etc., ce sont des actes cliniques : ils relèvent de la NGAP.

Lorsque la sage-femme réalise un geste technique, il ne s’agit plus d’un suivi clinique mais d’une intervention médicalement codifiable.

Ces actes sont codés en CCAM parce qu’ils ne sont pas rémunérés sous forme de forfait mais selon un code d’acte technique précis qui tient compte de plusieurs critères :

  • le matériel utilisé ;
  • la complexité du geste ;
  • le temps opératoire ;
  • l’équipement nécessaire (ex. échographes) ;
  • les exigences de sécurité.

Les actes hors nomenclature 


Certains services proposés par des sages-femmes ne sont pas définis dans les nomenclatures. On parle alors d’actes hors nomenclature.

Exemples typiques :

  • atelier portage / allaitement / sommeil du nourrisson ;
  • séance d’accompagnement global longue durée ;
  • séance de préparation affective / haptonomie ;
  • bilan émotionnel autour de la maternité ;
  • groupe de parole postnatal.

Dans ces situations :

  • la sage-femme fixe elle-même le tarif ;
  • la patiente est remboursée ou non selon son contrat de mutuelle ;
  • l’information doit être claire avant la consultation (affichage, brochure, explication orale).

Les dépassements d’honoraires


En pratique, les sages-femmes libérales exercent dans un cadre conventionné avec l’Assurance Maladie. Les tarifs des actes sont donc fixés par la NGAP ou la CCAM et ne peuvent pas être librement dépassés.

La convention prévoit toutefois des situations très exceptionnelles dans lesquelles un dépassement peut être appliqué : lorsqu’une patiente formule une exigence particulière, par exemple un horaire inhabituel ou un déplacement exceptionnel qui n’est pas médicalement justifié.

Dans ce cas précis, le dépassement :

  • doit rester exceptionnel et justifié ;
  • doit être expliqué clairement à la patiente en amont ;
  • doit être mentionné comme tel lors de la facturation, conformément aux règles conventionnelles.

En dehors de ces situations, la règle est simple : la sage-femme applique les tarifs conventionnés, ainsi que les majorations autorisées (nuit, dimanche, jours fériés, déplacement…), sans dépassement supplémentaire.

Qu’en est-il de l’OPTAM ?


Le dispositif OPTAM (Option Pratique Tarifaire Maîtrisée) ne concerne pas les sages-femmes, mais uniquement certains médecins exerçant en secteur 2. Il leur permet de limiter leurs dépassements d’honoraires en échange d’une meilleure prise en charge par l’Assurance Maladie.

Comment facturer sans faire d’erreurs ?

Le cœur de la facturation en libéral repose autant sur la bonne cotation que sur la cohérence de l’acte renseigné. Les premières semaines, il est normal d’hésiter. L’important est d’acquérir progressivement quelques automatismes.

1. Vérifier que le code correspond bien à l’acte


Une grande partie des erreurs provient d’une confusion entre plusieurs codes proches. Avant de valider la cotation, demandez-vous :

  • S’agit-il d’une consultation, d’un suivi, d’une visite ou d’un acte technique ?
  • Est-ce un acte unique ou faut-il ajouter une majoration ?
  • Y a-t-il un cumul possible avec un autre acte ou non ?

L’utilisation d’un logiciel métier (comme Intellio Next, Sephira, ou d’autres solutions équivalentes) facilite énormément cette étape, mais n’oubliez pas qu’une relecture finale reste indispensable.

2. Ne pas oublier les majorations lorsqu’elles s’appliquent


Les majorations (soir, nuit, jours fériés, déplacement…) compensent la contrainte du soin à des horaires ou lieux particuliers. Beaucoup de sages-femmes débutantes n’osent pas les appliquer par crainte de « trop facturer ». Pourtant, elles font partie des revenus du libéral et le tarif demeure conventionné et transparent pour la patiente.

3. Séparer clairement actes conventionnés et prestations hors nomenclature


Si l’acte relève de la NGAP ou de la CCAM → facturation conventionnée.
Si l’acte n’est pas prévu dans une nomenclature → tarif libre, affiché à l’avance, expliqué en amont.

Confondre les deux peut entraîner :

  • un rejet de remboursement par l’Assurance Maladie ;
  • un retard de paiement ;
  • un malentendu avec la patiente.

La distinction doit être claire pour tout le monde, y compris pour vous au fil d’une journée chargée, par exemple.

4. Documenter l’acte dans le dossier patient


Quelques lignes suffisent souvent pour tracer le contexte et justifier la cotation :

  • type de consultation/intervention;
  • raison de la majoration s’il y en a une ;
  • durée ou circonstances particulières.

En cas de contrôle ou d’interrogation de la patiente, cette traçabilité protège à la fois la sage-femme et la patiente.

Comment fixer ses honoraires ?

La facturation conditionne, entre autres, l’équilibre économique du cabinet ou de votre activité. Pour tenir dans la durée, deux éléments comptent autant que la cotation elle-même :

Un rythme de consultation soutenable


Il existe plusieurs manières d’organiser son activité libérale lorsqu’on est sage-femme.
Certains privilégient un enchaînement de consultations relativement courtes, d’autres choisissent un rythme plus espacé, avec des consultations longues, des suivis approfondis ou des actes hors nomenclature.

Il n’y a pas de modèle unique : le bon rythme est celui qui correspond à votre façon d’exercer, à votre patientèle et à votre équilibre personnel.

Une tarification alignée sur la charge de travail réelle


Pour les actes hors nomenclature, le tarif peut notamment être réfléchi en tenant compte :

  • du temps de préparation et d’échange ;
  • des frais engagés ;
  • de l’énergie mobilisée.

Ces éléments constituent des repères, et non des obligations. Chaque sage-femme reste libre de définir ses tarifs, en fonction de sa pratique, de son organisation et de son ressenti.

Avec l’expérience, il est fréquent d’ajuster ses tarifs après quelques mois d’exercice, lorsque l’on prend mieux la mesure du temps et de l’investissement que certaines prises en charge impliquent. Cette évolution fait partie du processus normal d’installation.

Se laisser le temps d’apprendre

La NGAP, la CCAM et les règles de cumul forment un cadre assez dense. Personne ne les maîtrise complètement au début, et la facturation devient fluide grâce à la répétition, pas grâce à la mémorisation. 

Au fil des semaines, on repère les actes courants, les majorations, les exceptions… puis les logiciels et l’expérience prennent le relais.

Avec le temps, vous développerez vos propres repères, votre propre organisation, et surtout, la certitude que vous êtes rémunérée justement pour le soin que vous apportez.

Facturer en libéral lorsqu’on est sage-femme n’a rien d’insurmontable, à condition de bien comprendre le cadre NGAP/CCAM et de distinguer clairement ce qui relève de la convention et ce qui relève des prestations hors nomenclature. Avec des réflexes simples, les bonnes ressources et un peu de pratique, la facturation devient rapidement un geste fluide, autant pour vous que pour les patientes !

Si vous souhaitez approfondir le sujet et avancer sereinement dans votre installation, téléchargez le Guide pratique de l’installation en libéral. Vous y trouverez toutes les étapes, une check-list administrative, les aides disponibles et des conseils concrets pour structurer votre activité avec davantage de sérénité !

Article rédigé avec 🧡 par Sorella

Partager l'article

Chez Sorella, le bien-être des équipes est essentiel. Découvrez nos offres de recrutement

Rejoindre l'équipe