Article mis à jour en août 2026
Au moment de s'installer en libéral, beaucoup de gynécologues-obstétriciens découvrent qu'une part essentielle de l'activité ne s'apprend pas pendant l'internat : fixer ses honoraires.
C'est pourtant un sujet central, car il influence le revenu du praticien, son équilibre de vie et l'accès aux soins pour les patientes. Quel tarif appliquer ? Comment gérer un dépassement d'honoraires ? Les patientes accepteront-elles ces honoraires ?
En réalité, les honoraires d'un gynécologue-obstétricien libéral dépendent de nombreux facteurs : secteur conventionnel, type de consultation, actes techniques réalisés, temps médical consacré à chaque patiente ou encore charges du cabinet. L'objectif est de construire une grille d'honoraires cohérente, transparente et adaptée à son mode d'exercice.
L'objectif de cet article n'est pas de dire « combien » facturer, mais comment fixer des tarifs justes, cohérents et transparents, adaptés à la réalité de la spécialité.
Ces trois notions correspondent à des montants différents :
La patiente est remboursée par l’Assurance Maladie sur la base applicable à la consultation ou à l’acte. Sa complémentaire peut ensuite couvrir tout ou partie du dépassement, selon les garanties prévues par son contrat.
Les dépassements d’honoraires s’inscrivent donc dans un cadre réglementé. Ils peuvent varier selon le secteur du médecin, l’acte réalisé et les circonstances de la consultation, sans correspondre à un barème unique.
Le secteur conventionnel détermine en grande partie la marge de manœuvre du gynécologue-obstétricien sur ses tarifs.
En secteur 1, le médecin applique principalement les tarifs opposables. En secteur 2, il peut pratiquer des honoraires différents, sous réserve de respecter le principe de tact et mesure et ses obligations d’information.
Le secteur 3 correspond à un exercice en dehors du système conventionnel. Le médecin fixe alors ses tarifs, mais les patientes sont remboursées sur la base d’un tarif d’autorité, nettement inférieur aux bases applicables aux secteurs conventionnés.
💡Pour approfondir ce choix structurant, consultez notre article Secteur 1, secteur 2, secteur 3 : bien choisir dès sa première installation.
Les médecins de secteur 2 autorisés à pratiquer des honoraires différents peuvent adhérer à l’Option pratique tarifaire maîtrisée (OPTAM). Ils s’engagent alors auprès de leur caisse à respecter un taux de dépassement et un taux d’activité réalisée aux tarifs opposables. En contrepartie, leurs patientes bénéficient d’un meilleur niveau de remboursement des actes cliniques et techniques.
Pour un gynécologue-obstétricien réalisant des actes d’obstétrique, l’OPTAM-ACO, qui a remplacé l’OPTAM-CO, peut également être pertinente. Elle est accessible aux médecins de secteur 2 ayant réalisé au moins 50 actes d’anesthésie-réanimation, de chirurgie ou d’obstétrique au cours de l’année précédant leur demande d’adhésion.
L’article R. 4127-53 du Code de la santé publique prévoit que les honoraires doivent être déterminés avec tact et mesure, en tenant compte :
Le Conseil national de l’Ordre des médecins mentionne également la complexité de l’acte et la situation du patient parmi les éléments à considérer. Il n’existe donc pas de plafond général unique permettant de définir automatiquement ce qui serait un dépassement raisonnable.
La transparence reste essentielle : le médecin doit veiller à informer préalablement la patiente du montant de ses honoraires et répondre à toute demande d’explication sur leur montant ou sur le coût du traitement.
Pour un professionnel de santé conventionné, une information écrite préalable doit être remise lorsque les dépassements d’honoraires des actes et prestations facturés atteignent 70 €.
Cette information doit préciser :
Le seuil tient également compte des actes indissociables de la prestation initiale qui seront réalisés ultérieurement par le même professionnel. Tout acte non remboursé par l’Assurance Maladie doit par ailleurs être signalé à la patiente avant sa réalisation.
Pour construire un honoraire cohérent, il peut être utile de s'interroger sur la réalité d'une consultation, au-delà du seul temps passé en face à face. Plusieurs éléments peuvent être pris en compte.
Une consultation de gynécologie-obstétrique ne se limite pas au moment du rendez-vous au cabinet avec la patiente. Elle s'inscrit souvent dans un temps médical plus large, qui peut inclure :
Chez Sorella, une partie de ces missions est assurée par une infirmière coordinatrice, dont le rôle est de prendre en charge la coordination et le suivi, afin de soulager le praticien et de lui permettre de se concentrer sur le cœur de l'acte médical.
Le suivi de grossesse, les annonces diagnostiques, les décisions thérapeutiques ou encore la gestion des urgences engagent une responsabilité médicale importante.
Cette spécialité requiert vigilance, disponibilité et capacité de décision, des éléments qui participent à la manière dont chaque praticien peut envisager la valorisation de son exercice.
Le coût d'un cabinet ne se résume pas au loyer. Il faut compter :
Un tarif doit couvrir l'ensemble de ces frais, sinon le praticien compense par du temps ou de la fatigue.
Une question est utile à se poser : « Avec ce tarif, puis-je exercer à un rythme soutenable tout en étant pleinement disponible en consultation ? »
Le secteur conventionnel dans lequel vous exercez influence directement votre politique tarifaire.
En secteur 1, les possibilités de dépassement d'honoraires sont limitées. En secteur 2, vous pouvez pratiquer des dépassements dans le respect du principe de tact et mesure. Si vous adhérez à l'Option pratique tarifaire maîtrisée (OPTAM), ce choix peut également avoir un impact sur le remboursement de vos patientes et sur la perception de vos honoraires.
Votre stratégie tarifaire doit donc rester cohérente avec votre conventionnement et votre projet d'exercice.
Toutes les consultations ne mobilisent pas le même temps médical ni le même niveau de responsabilité.
Une première consultation, une consultation complexe (endométriose, infertilité, ménopause...), un suivi de grossesse, une échographie, une colposcopie ou une hystéroscopie ne nécessitent pas la même préparation ni le même suivi.
Au-delà de la durée du rendez-vous, il est également pertinent de prendre en compte le temps consacré à l'analyse des examens, à la rédaction des courriers, à la coordination des soins ou aux échanges avec la patiente.
Les honoraires peuvent également être influencés par votre lieu d'exercice et les caractéristiques de votre patientèle.
Les pratiques tarifaires observées localement, le niveau de remboursement des complémentaires santé, le type de consultations réalisées ou encore la densité de l'offre médicale sont autant d'éléments qui peuvent être pris en compte pour construire une grille d'honoraires cohérente.
L'objectif n'est pas d'aligner systématiquement ses tarifs sur ceux des confrères et consoeurs, mais de trouver un équilibre adapté à son environnement d'exercice.
Un honoraire ne sert pas uniquement à couvrir les charges du cabinet : il doit également permettre d'exercer dans des conditions durables.
Avant de fixer vos tarifs, demandez-vous par exemple combien de consultations vous souhaitez réaliser chaque jour, quel temps vous souhaitez consacrer à chaque patiente ou encore quelle place vous souhaitez laisser aux imprévus, à la coordination des soins et aux urgences obstétricales.
Construire une grille tarifaire cohérente, c'est aussi se donner les moyens de préserver la qualité des soins, son équilibre professionnel et la pérennité de son activité.
💡À lire aussi :
Beaucoup de jeunes praticiens pensent qu'il existe quelque part un « barème » à appliquer lorsqu'on s'installe en libéral. En réalité, il n'existe aucun document officiel indiquant quels tarifs pratiquer en gynécologie-obstétrique (en dehors des tarifs conventionnels de base fixés par l'Assurance Maladie).
Chaque médecin construit ses honoraires en fonction de son organisation, de son temps, de son matériel, de ses charges et de son expertise. C'est là que la grille d'honoraires devient un outil indispensable.
Ce n'est pas un document exigé par l'Ordre ni une obligation administrative.
Une grille d'honoraires est un document interne créé par le médecin, qui liste les différents types de consultations et d'actes proposés au cabinet, avec le tarif correspondant pour chacun.
Concrètement, il s'agit d'une sorte de guide qui permet de savoir :
Parce qu'en libéral, douter du tarif à appliquer en fin de consultation est inconfortable, et cela se ressent immédiatement.
Une grille d'honoraires offre plusieurs avantages :
Avec une grille, le médecin n'a plus à réfléchir au tarif pendant la consultation, ce qui évite les hésitations ou les variations d'une patiente à l'autre.
Il n'existe pas de modèle unique, mais une méthode simple consiste à avancer progressivement.
Une méthode simple consiste à classer les consultations par temps et complexité.
Ensuite, le médecin fixe un tarif cohérent pour chaque type de rendez-vous en tenant compte :
Cela arrive, surtout en gynécologie-obstétrique.
Deux solutions sont possibles :
Avant de finaliser votre grille d'honoraires, prenez quelques minutes pour vérifier qu'elle répond à ces questions :
Une fois vos tarifs définis, l'enjeu est avant tout de les rendre clairs, accessibles et compréhensibles pour les patientes.
En pratique, les dépassements d'honoraires sont rarement source d'incompréhension lorsqu'ils sont annoncés en amont. À l'inverse, découvrir un montant inattendu au moment du règlement peut fragiliser la relation de confiance, même lorsque les honoraires sont parfaitement justifiés.
Une communication transparente permet donc d'aborder sereinement la question des tarifs et d'éviter que le paiement ne devienne un sujet de tension.
Les patientes doivent pouvoir connaître, avant leur rendez-vous, les principales informations concernant vos honoraires.
Il est notamment recommandé qu'elles puissent identifier :
Lorsque certains actes techniques ou consultations longues sont susceptibles d'entraîner une facturation différente, il est préférable de l'indiquer dès la prise de rendez-vous.
Les médecins ont l'obligation d'informer leurs patients sur leurs honoraires.
Cette information doit notamment être affichée de façon visible et lisible dans la salle d'attente et au lieu d'encaissement. Lorsqu'un médecin est présent sur une plateforme de prise de rendez-vous en ligne, son secteur conventionnel et ses honoraires doivent également être indiqués.
Par ailleurs, une information écrite préalable est obligatoire dans les situations prévues par la réglementation, notamment lorsque le montant des dépassements d'honoraires atteint le seuil fixé par les textes.
💡À noter : les règles applicables peuvent évoluer. Il est recommandé de consulter régulièrement les informations publiées par l'Assurance Maladie et le Conseil national de l'Ordre des médecins.
Au-delà des obligations réglementaires, quelques bonnes pratiques permettent de renforcer la transparence :
Lorsque les tarifs sont expliqués en amont, le règlement de la consultation devient un simple aspect pratique de la prise en charge, plutôt qu'un sujet de discussion en fin de rendez-vous.
💡Pour vous aider, vous pouvez utiliser les modèles d’affichage d’honoraires proposés par le Conseil national de l’Ordre des médecins.
Définir ses honoraires est plus simple lorsque l'on connaît précisément ses charges, son organisation et le temps réellement consacré aux patientes.
Chez Sorella, les gynécologues exercent au sein d'espaces de santé dédiés à la santé de la femme, dans un environnement pluridisciplinaire où certains aspects de l'organisation sont déjà structurés. Selon les modalités d'exercice choisies, cela peut notamment inclure des cabinets équipés, des outils communs, une coordination des soins assurée par une infirmière coordinatrice ainsi qu'un accompagnement sur certains aspects administratifs.
Ce cadre permet aux professionnels de santé de mieux anticiper leur organisation quotidienne et d'évaluer plus sereinement leur projet d'installation, tout en conservant leur indépendance dans leur exercice médical.
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Il n'existe pas de barème officiel, en dehors des tarifs conventionnels fixés par l'Assurance Maladie. Pour construire une grille d'honoraires cohérente, il est conseillé de tenir compte de votre secteur conventionnel, du temps médical consacré, de vos charges, du type de consultation, des actes techniques réalisés et de votre organisation.
Oui, mais cela dépend de son secteur conventionnel. Les médecins de secteur 2 peuvent pratiquer des dépassements d'honoraires dans le respect du principe de tact et mesure et des obligations d'information prévues par la réglementation.
Non. En dehors des tarifs conventionnels de l'Assurance Maladie, il n'existe pas de grille officielle imposant les honoraires des gynécologues-obstétriciens libéraux. Chaque médecin définit ses tarifs en fonction de son mode d'exercice et de son activité.
Oui. Les médecins doivent informer leurs patients de leurs honoraires de manière claire et visible, notamment dans leur cabinet. Cette information doit également être disponible sur les plateformes de prise de rendez-vous lorsque le médecin y est présent.
Les honoraires doivent être communiqués avant la consultation ou l'acte. Dans certaines situations prévues par la réglementation, notamment lorsque les dépassements d'honoraires atteignent le seuil fixé par les textes, une information écrite préalable est obligatoire.
La meilleure approche consiste à définir une grille d'honoraires claire, à afficher vos tarifs, à informer les patientes en amont et à appliquer les mêmes principes de facturation pour des situations comparables. La transparence contribue à instaurer une relation de confiance dès la prise de rendez-vous.



















