Au moment de s’installer en libéral, beaucoup de gynécologues-obstétriciens découvrent qu’une part essentielle de l’activité ne s’apprend pas pendant l’internat : fixer ses honoraires.
C’est pourtant un sujet central, car il influence le revenu du praticien, son équilibre de vie et l’accès aux soins pour les patientes. Quel tarif appliquer ? Comment gérer un dépassement d’honoraires ? Est-ce que les patientes vont mal le vivre ?
L’objectif de cet article n’est pas de dire « combien » facturer, mais comment fixer des tarifs justes, cohérents et transparents, adaptés à la réalité de la spécialité.
La Sécurité sociale fixe un tarif de base pour chaque consultation ou acte médical : c’est le « tarif conventionnel ».
En secteur 1, le médecin doit appliquer ce tarif, sauf situation particulière.
En secteur 2, il peut appliquer un dépassement d’honoraires, c’est-à-dire facturer au-delà du tarif conventionnel. Cela ne signifie pas « facturer n’importe quoi » : la loi exige des dépassements justes, raisonnés, et pratiqués avec tact et mesure.
La patiente est ensuite remboursée :
Les dépassements d’honoraires s’inscrivent dans un cadre réglementé et recouvrent des situations très différentes selon les praticiens. Ils peuvent être liés à l’organisation du cabinet, au temps médical mobilisé ou aux contraintes spécifiques de l’exercice, sans répondre à un modèle unique.
Pour construire un honoraire cohérent, il peut être utile de s’interroger sur la réalité d’une consultation, au-delà du seul temps passé en face à face. Trois éléments sont déterminants.
Une consultation de gynécologie-obstétrique ne se limite pas au moment du rendez-vous au cabinet avec la patiente. Elle s’inscrit souvent dans un temps médical plus large, qui peut inclure :
Chez Sorella, une partie de ces missions est assurée par une infirmière coordinatrice, dont le rôle est de prendre en charge la coordination et le suivi, afin de soulager le praticien et de lui permettre de se concentrer sur le cœur de l’acte médical.
Le suivi de grossesse, les annonces diagnostiques, les décisions thérapeutiques, ou encore la gestion des urgences qui engagent une grande responsabilité médicale. Cette spécialité requiert vigilance, disponibilité et capacité de décision, des éléments qui participent à la manière dont chaque praticien peut envisager la valorisation de son exercice.
Le coût d’un cabinet ne se résume pas au loyer. Il faut compter :
Un tarif doit couvrir l’ensemble de ces frais, sinon le praticien compense par du temps ou de la fatigue. Une question est utile à se poser : « Avec ce tarif, puis-je exercer à un rythme soutenable tout en étant pleinement disponible en consultation ? ».
Beaucoup de jeunes praticiens pensent qu’il existe quelque part un « barème » à appliquer lorsqu’on s’installe en libéral. En réalité, il n’existe aucun document officiel indiquant quels tarifs pratiquer en gynécologie-obstétrique (en dehors des tarifs conventionnels de base fixés par l’Assurance Maladie).
Chaque médecin construit ses honoraires en fonction de son organisation, de son temps, de son matériel, de ses charges et de son expertise. C’est là que la grille d’honoraires devient un outil indispensable !
Ce n’est pas un document exigé par l’Ordre ni une obligation administrative. Une grille d’honoraires est un document interne créé par le médecin, qui liste les différents types de consultations et d’actes proposés au cabinet, avec le tarif correspondant pour chacun.
Concrètement, il s’agit d’une sorte de guide personnel qui permet de savoir :
Parce qu’en libéral, douter du tarif à appliquer en fin de consultation est inconfortable, et cela se ressent immédiatement. Une grille d’honoraires offre plusieurs avantages :
Avec une grille, le médecin n’a plus à réfléchir au tarif pendant la consultation, ce qui évite la culpabilité, l’approximation ou les variations.
Une méthode simple consiste à classer les consultations par temps et complexité. Par exemple :
Ensuite, le médecin fixe un tarif juste pour chaque type de rendez-vous en tenant compte :
Cela arrive, surtout en gynécologie-obstétrique. Deux solutions sont possibles :
Une fois les tarifs définis, l’enjeu est avant tout de les rendre accessibles et transparents pour les patientes. En pratique, un dépassement d’honoraires ne génère pas de difficulté lorsqu’il est clairement indiqué en amont, via des supports d’information visibles et accessibles avant la consultation.
Lorsque l’information est disponible dès la prise de rendez-vous ou à l’arrivée au cabinet, le paiement reste un simple formalisme et non un sujet de tension.
Vous devez afficher les tarifs de vos honoraires, c’est une obligation.
Le devis doit mentionner :
Cette règle est fixée par :
Beaucoup de praticiens ajoutent le tarif dans le mail ou le SMS de confirmation. Résultat : la patiente arrive en sachant à quoi s’attendre, la fin de consultation reste sereine et personne n’a le sentiment de « parler d’argent ».
Fixer ses honoraires et gérer ses dépassements n’a rien d’un sujet secondaire dans l’exercice libéral d’un gynécologue-obstétricien. Derrière les chiffres, il y a une réalité très simple : des tarifs clairs et assumés sont indispensables pour garantir la qualité du soin, préserver l’équilibre du praticien et instaurer une relation de confiance durable avec les patientes.
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