En libéral, ce que vous facturez n’est pas ce que vous gagnez. Entre les charges, les cotisations, le temps administratif ou encore les modalités d’exercice, deux activités affichant les mêmes honoraires peuvent aboutir à des équilibres économiques très différents.
Avant de vous installer ou de rejoindre une structure, l’enjeu est donc de comprendre ce que vous encaissez, ce que vous payez et ce qui est inclus. Voici les principaux repères pour évaluer la soutenabilité économique de votre activité.
En libéral, plusieurs chiffres permettent de mesurer votre activité, mais ils ne désignent pas la même chose :
Autrement dit, un chiffre d’affaires élevé ne signifie pas nécessairement un revenu élevé. Pour apprécier votre modèle économique, vous devez aussi tenir compte du temps consacré aux tâches administratives qui ne génèrent pas directement d’honoraires.
Un agenda rempli peut donc être un bon indicateur d’activité, mais il ne suffit pas à garantir une activité libérale soutenable si vos charges sont élevées ou si chaque consultation mobilise beaucoup de temps non facturé.
Pour évaluer votre revenu réel en libéral, vous devez identifier l’ensemble des dépenses nécessaires à votre activité. Certaines sont prévisibles chaque mois, d’autres évoluent avec votre volume de consultations. Et toutes ne figurent pas aussi clairement sur un relevé bancaire.
Elles restent relativement stables, quel que soit votre niveau d’activité. Selon votre mode d’exercice, elles peuvent notamment comprendre :
Leur poids est particulièrement important à anticiper au démarrage : elles continuent généralement de courir même lorsque votre agenda est moins rempli.
Elles évoluent davantage avec votre activité et la nature des actes réalisés : consommables, matériel médical, frais de déplacement, entretien ou prestations sous-traitées, par exemple.
Leur montant peut donc différer fortement selon votre spécialité et votre pratique. Un médecin réalisant des actes techniques n’aura pas la même structure de coûts qu’un médecin exerçant principalement en consultation.
Votre activité comprend enfin du temps qui ne génère pas directement d’honoraires : comptes rendus, coordination, messages patients, préparation des dossiers, gestion des impayés, échanges administratifs, formation ou organisation du planning.
Même s’il ne constitue pas une charge comptable au sens strict, ce temps compte dans votre modèle économique : plus il est important, plus il réduit le temps disponible pour les consultations et pèse sur votre revenu rapporté au temps réellement travaillé.
Lorsque vous rejoignez un cabinet, un espace de santé ou exercez aux côtés d’autres professionnels, plusieurs modèles peuvent encadrer les sommes versées. Loyer, redevance et rétrocession ne désignent pas les mêmes réalités : il est essentiel de comprendre ce que vous payez et, surtout, ce que vous obtenez en contrepartie.
Le loyer correspond à la somme versée pour occuper un local professionnel. À ce montant peuvent s’ajouter des charges locatives ainsi que les dépenses nécessaires au fonctionnement du cabinet : Internet, ménage, logiciels, secrétariat, matériel ou consommables, selon l’organisation choisie.
Un loyer attractif doit donc toujours être considéré avec l’ensemble des frais qui restent à votre charge.
La redevance peut couvrir la mise à disposition d’un local, mais aussi différents moyens et services nécessaires à votre exercice. Elle peut être fixe, proportionnelle à l’activité ou combiner les deux, selon les modalités prévues au contrat.
Pour l’évaluer, regardez précisément ce qui est inclus :
Vérifiez également la durée d’engagement, les conditions de sortie et les modalités d’évolution de la redevance.
La rétrocession d’honoraires désigne le reversement d’une partie des honoraires encaissés dans certains cadres d’exercice, notamment lors d’un remplacement ou selon les modalités prévues par certains contrats de collaboration.
Elle se distingue donc de la redevance, qui correspond à la contrepartie de moyens ou de services mis à disposition, et d’une rémunération salariée.
Pour comparer une rétrocession, le pourcentage seul ne suffit pas : regardez également les moyens mis à disposition, les dépenses qui restent à votre charge, votre volume d’activité prévisionnel et les conditions prévues par le contrat.
Pour comparer plusieurs propositions d’exercice, regarder uniquement le montant affiché peut être trompeur. Un loyer faible peut laisser davantage de dépenses à votre charge, tandis qu’une redevance plus élevée peut inclure des services qui réduisent vos frais ou votre temps administratif.
La bonne comparaison consiste donc à regarder le coût global de chaque modèle, mais aussi les moyens auxquels il vous donne accès et le temps qu’il vous permet éventuellement de consacrer davantage à votre activité médicale.
Vos honoraires doivent être pensés au regard de l’ensemble de ce que votre activité mobilise, et pas uniquement du temps passé face au patient. Ils doivent notamment permettre d’absorber :
Votre marge de manœuvre dépend toutefois fortement de votre profession et de votre cadre conventionnel.
Pour les médecins, les tarifs applicables et les possibilités de dépassement varient notamment selon le secteur conventionnel (secteur 1, 2 ou 3) et la nature des actes réalisés. Les gynécologues-obstétriciens doivent également intégrer les actes techniques, les équipements nécessaires ou encore le temps médical réalisé hors consultation.
Pour les sages-femmes, la tarification dépend notamment des actes prévus par la NGAP (Nomenclature générale des actes professionnels) ou la CCAM (Classification commune des actes médicaux) lorsqu’elle est applicable, ainsi que des éventuelles activités hors nomenclature exercées dans le respect de leur cadre professionnel.
L’objectif est donc moins de partir d’un tarif idéal que de vérifier si, compte tenu des tarifs que vous pouvez pratiquer, votre volume d’activité et votre organisation permettent de construire un modèle économiquement soutenable.
Au-delà de vos honoraires et de vos charges, plusieurs choix structurants peuvent modifier l’équilibre économique de votre activité.
Exercer seul dans votre propre cabinet implique généralement de prendre directement en charge le local, les équipements et l’organisation quotidienne. Dans un cabinet de groupe ou un espace de santé, certains coûts et services peuvent être mutualisés.
Le territoire compte également : la demande de soins, l’accessibilité du cabinet et l’offre médicale existante peuvent influencer votre capacité à remplir votre agenda. Le choix du lieu d’exercice doit donc être pensé avec votre volume d’activité prévisionnel et vos charges, et pas uniquement selon des critères géographiques.
Le statut choisi pour exercer influence notamment votre fiscalité, votre comptabilité et la manière dont vos dépenses professionnelles sont prises en compte.
Micro-BNC, entreprise individuelle ou exercice en société répondent à des fonctionnements différents. Le niveau d’activité et la structure de charges font donc partie des éléments à considérer dans le choix du statut. Pour mesurer précisément les conséquences de chaque option sur votre situation, l’accompagnement d’un expert-comptable ou d’un conseil spécialisé peut être utile.
Enfin, votre modèle économique doit intégrer vos cotisations sociales, mais aussi la protection que vous souhaitez mettre en place en complément : mutuelle, prévoyance ou couverture en cas d’arrêt de travail, par exemple.
Pensez également aux périodes pendant lesquelles votre activité peut ralentir ou s’interrompre : congés, maladie, maternité ou formation. Votre revenu disponible sur un mois d’activité ne suffit donc pas, à lui seul, à mesurer la solidité économique de votre exercice sur l’année.
Exercer en libéral quelques jours ou demi-journées par semaine peut permettre de compléter une activité hospitalière ou salariée, de tester le libéral ou d’augmenter progressivement son activité. Mais avec un volume de consultations plus faible, l’équilibre économique peut être plus sensible.
Certaines charges fixes restent en effet identiques quel que soit le nombre de jours travaillés. Rapportées à une seule journée de consultation par semaine, elles peuvent donc peser davantage sur votre activité. Les annulations et les créneaux non remplis ont également un impact proportionnellement plus important.
Pour évaluer la viabilité d’une activité à temps partiel, regardez notamment :
Un modèle avec peu de charges fixes ou des coûts davantage liés au volume d’activité peut faciliter l’équilibre économique lors d’une montée en charge progressive.
Une fois ces différents paramètres identifiés, l’objectif est de les réunir dans un prévisionnel réaliste. Vous pouvez partir d’une équation simple :
Chiffre d’affaires prévisionnel – charges professionnelles – cotisations
= revenu à mettre en regard du temps réellement consacré à votre activité.
👉Il s’agit d’une représentation simplifiée qui ne constitue pas un calcul du revenu net après impôt.
Pour éviter de construire votre modèle sur un agenda idéal, testez plusieurs hypothèses :
L’intérêt n’est pas de prévoir votre revenu à l’euro près, mais d’identifier votre seuil d’équilibre : le niveau d’activité nécessaire pour couvrir vos dépenses et dégager un revenu cohérent avec le temps de travail envisagé.
Pour construire un prévisionnel complet et adapté à votre situation, notamment sur les aspects fiscaux et sociaux, mieux vaut vous faire accompagner par un expert-comptable ou un professionnel spécialisé.
Avant de rejoindre un cabinet ou une structure, vérifiez quelques points essentiels :
Enfin, estimez le chiffre d’affaires nécessaire pour couvrir vos dépenses et le revenu que vous pouvez raisonnablement dégager compte tenu du temps réellement travaillé.
Chez Sorella, vous exercez en libéral sans charge fixe ni frais à engager au moment de votre installation. Les espaces sont tout équipés et Sorella prend également en charge une partie de l’organisation nécessaire à votre activité.
Concrètement, vous bénéficiez notamment :
Dans le cadre du modèle économique présenté dans cet article, ces éléments comptent autant que les conditions financières : ils permettent de limiter les frais à engager au démarrage et le temps consacré à l’administratif.
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Les honoraires correspondent aux sommes facturées pour vos actes et consultations. Le chiffre d’affaires correspond aux recettes encaissées, tandis que votre revenu dépend ensuite de vos charges, cotisations et de votre fiscalité.
Elles peuvent notamment comprendre le loyer ou la redevance, les assurances, logiciels, matériel, consommables, comptabilité, secrétariat et frais professionnels, auxquels s’ajoutent les cotisations sociales.
La redevance correspond à une somme versée en contrepartie de moyens ou de services mis à disposition. Son montant et ce qu’elle couvre dépendent du contrat : il est donc important de vérifier précisément les prestations incluses.
La redevance rémunère généralement la mise à disposition de moyens ou de services. La rétrocession correspond au reversement d’une partie des honoraires dans certains cadres contractuels. Les modalités exactes doivent être vérifiées dans le contrat concerné.
Pas nécessairement. Son montant doit être comparé aux services inclus, aux dépenses qu’elle permet d’éviter et aux moyens mis à disposition. Deux redevances identiques peuvent ainsi correspondre à des conditions d’exercice très différentes.
Comparez votre chiffre d’affaires prévisionnel à vos charges, cotisations et autres dépenses, sans oublier le temps non facturé et les périodes sans activité. L’objectif est d’estimer le revenu que vous pouvez dégager pour le temps réellement consacré à votre activité.





















