L’infertilité masculine peut avoir des origines très diverses. Certaines affectent la production ou la qualité des spermatozoïdes, tandis que d’autres perturbent leur transport ou leur émission. Plusieurs facteurs peuvent également se combiner.
La spermatogenèse, c’est-à-dire la fabrication des spermatozoïdes dans les testicules, peut être perturbée par différents facteurs. Selon leur origine, ces troubles peuvent affecter la quantité de spermatozoïdes produits ou leurs caractéristiques.
Plusieurs situations peuvent affecter le fonctionnement des testicules :
La présence d’une varicocèle ne signifie toutefois pas qu’elle est nécessairement responsable de l’infertilité : son impact éventuel est évalué dans le contexte du bilan.
Certaines anomalies hormonales perturbent les signaux nécessaires à la fabrication des spermatozoïdes, notamment :
Parmi les principales causes génétiques pouvant affecter leur production figurent :
Des examens génétiques peuvent être proposés selon les résultats du spermogramme et le contexte médical.
Une chimiothérapie, une radiothérapie ou certains médicaments peuvent affecter la production des spermatozoïdes.
La prise de testostérone ou de certains produits dopants peut également freiner, voire interrompre, la spermatogenèse.
Les spermatozoïdes continuent à être produits tout au long de la vie, mais la fertilité masculine évolue elle aussi avec l’âge. Avec le temps, on observe notamment une diminution possible du volume de sperme, de la mobilité des spermatozoïdes et de la proportion de spermatozoïdes de forme normale. La qualité de leur ADN peut également évoluer.
Ces changements sont généralement plus tardifs et progressifs que chez la femme, avec une grande variabilité d’un homme à l’autre.
Plusieurs facteurs peuvent également être associés à une altération des paramètres du sperme :
Le rôle de certains polluants et perturbateurs endocriniens est également étudié. Ils pourraient influencer la fertilité masculine, mais leur impact reste difficile à mesurer individuellement : les expositions sont multiples et les données disponibles ne permettent pas toujours d’établir un lien direct avec une difficulté à concevoir.
Ces différents facteurs doivent donc être considérés avec nuance, sans attribuer une infertilité à une habitude de vie ou à une exposition prise isolément.
Les spermatozoïdes peuvent être produits normalement, mais rencontrer un obstacle dans les voies génitales, empêchant leur passage dans l’éjaculat.
Cette obstruction peut notamment être liée à :
Les conséquences d’une infection dépendent de la zone touchée : certaines peuvent gêner le transport des spermatozoïdes, tandis que d’autres affectent leur production ou leur qualité.
La mucoviscidose, liée à des anomalies du gène CFTR, s’accompagne souvent chez l’homme d’une absence des canaux déférents, qui transportent les spermatozoïdes depuis les testicules. Ceux-ci peuvent alors être produits, mais ne pas se retrouver dans l’éjaculat.
Certaines anomalies de ce gène peuvent également provoquer une absence des canaux déférents sans les autres manifestations habituelles de la mucoviscidose.
Même lorsque les spermatozoïdes sont produits et que les voies génitales sont perméables, leur émission peut être perturbée par :
Ces troubles peuvent notamment être associés à certaines maladies neurologiques, à des traitements ou à des antécédents chirurgicaux.
Le spermogramme analyse plusieurs caractéristiques du sperme. Il peut notamment mettre en évidence :
Plusieurs anomalies peuvent être associées. Ces résultats ne permettent pas, à eux seuls, d’identifier la cause d’une infertilité ou de déterminer les chances de grossesse. Une azoospermie peut, par exemple, résulter d’un défaut de production ou d’un obstacle au transport des spermatozoïdes. Les résultats sont interprétés avec les autres éléments du bilan d’infertilité de l’homme et de la femme.
Oui. Il arrive que le bilan d’infertilité réalisé chez les deux membres du couple ne permette pas d’identifier de cause précise à la difficulté à concevoir. On parle alors d’infertilité inexpliquée.
Les examens disponibles permettent d’explorer de nombreux facteurs, mais ils ne peuvent pas mesurer toutes les étapes nécessaires à la conception. Une infertilité inexpliquée ne peut donc être évoquée qu’après un bilan complet du couple.
Les paramètres spermatiques peuvent varier dans le temps. La production des spermatozoïdes est continue, avec un renouvellement tous les 3 mois environ. Certains événements peuvent temporairement modifier les résultats d’un spermogramme, notamment :
Lorsqu’une anomalie est retrouvée, un deuxième spermogramme est nécessaire pour vérifier si elle persiste, généralement environ trois mois après le premier, selon le délai indiqué par le professionnel de santé. Les résultats sont interprétés avec les antécédents, le contexte médical et les autres éléments du bilan d’infertilité.


Chez l’homme, une consultation plus précoce peut notamment être pertinente en cas de :
Le bilan masculin est réalisé en parallèle du bilan féminin. La consultation permet de reprendre les antécédents et le contexte du couple, puis de déterminer les examens utiles et d’interpréter les résultats du spermogramme.







Les causes peuvent concerner la production des spermatozoïdes, leur nombre, leur mobilité ou leur morphologie, mais aussi leur transport ou leur émission. Certaines infections, une varicocèle, l’âge, des antécédents médicaux ou chirurgicaux ainsi que certains facteurs liés au mode de vie ou à l’environnement peuvent également être impliqués.
Non. Un spermogramme anormal met en évidence une ou plusieurs modifications des paramètres du sperme, mais ne permet pas à lui seul de conclure à une infertilité. Les résultats doivent être interprétés avec un professionnel de santé et peuvent nécessiter une confirmation.
Un faible nombre de spermatozoïdes peut avoir différentes origines : trouble de la production testiculaire, cause hormonale ou génétique, varicocèle, certains traitements ou antécédents médicaux, par exemple. Le bilan permet de rechercher une éventuelle cause en fonction du contexte.
Une diminution de la mobilité des spermatozoïdes peut être associée à différents facteurs, notamment certaines atteintes testiculaires, infections, varicocèles ou expositions. Elle peut aussi être observée sans qu’une cause précise soit identifiée.
L’azoospermie correspond à l’absence de spermatozoïdes dans l’éjaculat. Elle peut être liée à un défaut de production des spermatozoïdes par les testicules ou à une obstruction empêchant leur passage dans les voies génitales. Des examens complémentaires permettent d’en rechercher l’origine.
Une varicocèle peut être associée à une altération de certains paramètres du sperme, mais sa présence ne signifie pas systématiquement qu’elle est responsable d’une difficulté à concevoir. Son impact éventuel est évalué dans le cadre du bilan d’infertilité.
Certaines infections génitales ou IST peuvent affecter l’appareil reproducteur masculin ou laisser des séquelles au niveau des voies génitales. Les antécédents infectieux sont donc pris en compte lors du bilan.
Oui. Même si les spermatozoïdes sont produits tout au long de la vie, certains paramètres spermatiques peuvent évoluer avec l’âge, notamment leur mobilité et leur morphologie. Ces évolutions sont généralement plus progressives et plus tardives que la baisse de fertilité observée chez la femme.
Certains facteurs, comme le tabac, l’alcool, le cannabis, le surpoids ou certaines expositions répétées à la chaleur ou à des facteurs environnementaux, peuvent être associés à une altération de paramètres spermatiques. Leur influence varie toutefois selon les situations et ne permet pas d’attribuer une infertilité à un seul facteur.
La production des spermatozoïdes est un processus continu qui s’étend sur environ 74 jours, auxquels s’ajoute une phase de maturation. Les paramètres spermatiques peuvent donc évoluer au fil du temps, notamment après une fièvre, une infection ou certaines expositions.
Oui. Avoir déjà conçu un enfant n’exclut pas l’apparition ou la présence actuelle d’un facteur masculin. L’état de santé, certains traitements, l’âge ou d’autres événements survenus depuis une précédente grossesse peuvent modifier la fertilité. On parle alors d’infertilité secondaire.
Oui. Plusieurs facteurs peuvent être associés chez un même couple. Dans un couple hétérosexuel, le bilan de fertilité est toujours réalisé chez les deux partenaires, afin d’avoir une vision globale de la situation.