Choisir où exercer est une chose. Choisir comment exercer au quotidien en est une autre. Cabinet individuel, cabinet de groupe, maison de santé pluriprofessionnelle ou structure pluridisciplinaire : derrière chaque modèle se cachent des réalités très différentes en matière d’autonomie, de gestion, de coûts et de coordination.
Pour un médecin qui s’installe en libéral, développe une activité complémentaire ou envisage de changer de cadre, ce choix mérite donc d’être posé en fonction de ses priorités : quel niveau d’indépendance souhaitez-vous conserver ? Quelle charge organisationnelle êtes-vous prêt à assumer ? Quelle place voulez-vous donner au travail avec d’autres professionnels de santé ?
Voici les principaux critères à comparer pour choisir un mode d’exercice libéral réellement adapté à votre projet.
Deux médecins libéraux peuvent exercer la même spécialité et pourtant avoir des quotidiens très différents. Le mode d’exercice détermine directement ce que vous gérez seul, ce que vous mutualisez et la manière dont vous travaillez avec d’autres professionnels de santé.
Il influence aussi les investissements nécessaires, le poids de la gestion du cabinet, l’organisation des absences ou encore la place accordée au travail collectif.
Le choix du cadre d’exercice est donc étroitement lié aux autres décisions de votre installation : lieu d’exercice, statut juridique, secteur conventionnel, protection sociale, modèle économique ou organisation de votre temps de travail.
L’exercice isolé désigne une activité exercée seul, avec peu ou pas de mutualisation formalisée avec d’autres professionnels. Il permet de conserver une grande liberté dans l’organisation de son activité : horaires, outils, fonctionnement du cabinet, rythme de consultation… En contrepartie, le médecin porte directement une plus grande part de la gestion administrative, logistique et financière.
Ce modèle reste bien présent, mais tend à reculer chez les médecins généralistes : selon la DREES, 38 % exerçaient seuls en 2019. Cette évolution traduit notamment une transformation des façons d’exercer, avec une place croissante accordée aux formes d’exercice regroupé. Ces données concernent toutefois les médecins généralistes et ne peuvent pas être généralisées à toutes les spécialités.
L’exercice isolé peut notamment correspondre aux médecins qui recherchent une organisation très personnelle et souhaitent garder la main sur leurs décisions.
Avant de choisir ce modèle, il est toutefois utile d’anticiper :
Le cabinet de groupe permet à plusieurs professionnels de partager un même lieu et de mutualiser certains moyens. Cette organisation peut notamment permettre de répartir certaines charges, de partager des équipements ou un secrétariat et de faciliter les échanges entre confrères.
Ce mode d’exercice progresse chez les médecins généralistes. Selon la DREES, 54 % exerçaient en groupe fin 2010, 61 % en 2019 et 69 % début 2022. Une évolution qui témoigne de l’attrait croissant pour des formes d’exercice regroupé, même si ces chiffres ne concernent pas l’ensemble des spécialités médicales.
C’est une distinction importante : exercer en groupe ne signifie pas nécessairement exercer de manière coordonnée.
Les médecins peuvent partager des locaux et des moyens tout en conservant leur propre patientèle, leurs horaires et leur organisation. Le fonctionnement dépend alors des règles définies au sein du cabinet et du degré de mutualisation choisi.
La maison de santé pluriprofessionnelle (MSP) répond à une logique différente du simple partage de locaux. Elle réunit des professionnels médicaux, des auxiliaires médicaux et, le cas échéant, des pharmaciens autour d’un projet de santé commun. Une MSP peut être organisée sur un ou plusieurs sites.
La coordination fait ici partie intégrante du modèle. Elle peut notamment prendre la forme de temps d’échange entre professionnels, d’outils partagés ou de protocoles communs au service des parcours patients.
L’implication dans le fonctionnement collectif constitue une vraie différence avec un simple cabinet de groupe. Avant de rejoindre une MSP, renseignez-vous notamment sur :
Un espace pluridisciplinaire réunit plusieurs professions ou spécialités de santé dans un même environnement. Il peut ainsi faciliter les échanges entre professionnels et, lorsque l’organisation le prévoit, permettre de construire des parcours faisant intervenir plusieurs expertises.
Contrairement à une maison de santé pluriprofessionnelle (MSP), le terme ne désigne pas nécessairement une structure reposant sur un projet de santé partagé et un cadre de coordination formalisé.
Certains espaces reposent principalement sur le partage de moyens. D’autres proposent une organisation plus structurée autour des parcours patients. L’appellation « pluridisciplinaire » recouvre donc des modèles très différents.
Voici les principales différences à retenir pour comparer rapidement les quatre modèles.
Les caractéristiques de chaque modèle posées, reste à déterminer lesquelles correspondent le mieux à vos priorités professionnelles.
L’exercice isolé ou un cabinet de groupe laissant une forte indépendance permettent de garder davantage la main sur votre organisation.
Cette liberté suppose en revanche d’accepter de prendre en charge une part plus importante du fonctionnement de votre activité.
Un cabinet de groupe ou un espace pluridisciplinaire peut permettre de partager une partie des moyens nécessaires à l’exercice.
Plutôt que l’intitulé de la structure, regardez alors ce qui est réellement mutualisé et ce qui reste à votre charge.
La MSP répond précisément à une logique d’exercice coordonné autour d’un projet de santé. Certaines structures pluridisciplinaires développent également des parcours et une coordination entre professionnels.
La différence se joue alors dans la place réelle donnée au collectif dans votre quotidien : temps de coordination, outils partagés, parcours patients ou projets communs.
Si vous souhaitez commencer par quelques demi-journées de consultation, rejoindre un cabinet partagé ou une structure existante peut permettre de développer progressivement votre activité sans créer immédiatement votre propre cabinet.
Le rythme et le niveau d’engagement doivent alors rester compatibles avec votre activité hospitalière ou salariée.
💡À lire aussi : Cumuler activité hospitalière et exercice libéral : règles, démarches et points de vigilance.
Certaines structures réunissent plusieurs spécialités autour d’un même domaine de santé.
C’est notamment le cas des espaces dédiés à la santé des femmes comme Sorella, où différentes professions peuvent intervenir au sein de parcours coordonnés. La proximité avec des compétences complémentaires devient alors une composante à part entière du projet d’exercice.
Une fois plusieurs opportunités identifiées, six questions permettent de les confronter à votre projet :
À ces critères s’ajoutent naturellement les autres choix structurants de l’installation, comme le statut juridique, le secteur conventionnel et la protection sociale.
💡Pour aller plus loin, téléchargez notre guide gratuit sur l’installation en libéral.
Un cadre d’exercice attractif sur le papier peut se révéler moins adapté une fois confronté à votre quotidien. Certaines erreurs peuvent être évitées en amont :
Sorella propose des espaces de santé pluridisciplinaires dédiés à la santé des femmes, à Paris et en Île-de-France.
Selon les espaces et les offres ouvertes, ce cadre permet d’exercer à proximité de professionnels aux compétences complémentaires et de s’inscrire dans des parcours de soins coordonnés, au sein d’une organisation déjà existante.
Comme pour toute structure, l’opportunité doit être étudiée au regard de votre spécialité, votre rythme d’exercice, votre statut et les modalités contractuelles proposées.
Vous souhaitez savoir si ce cadre correspond à votre projet ? Découvrez les opportunités pour rejoindre Sorella.
En exercice isolé, le médecin exerce seul et organise directement le fonctionnement de son cabinet, même s’il peut déléguer certaines tâches. Dans un cabinet de groupe, plusieurs professionnels partagent certains moyens ou charges, tout en pouvant conserver leur propre patientèle et leur organisation.
Le cabinet de groupe repose principalement sur le partage de locaux ou de moyens. La maison de santé pluriprofessionnelle (MSP) s’inscrit dans une logique d’exercice coordonné, autour d’un projet de santé partagé entre plusieurs professions de santé.
Une MSP est une structure pluriprofessionnelle constituée de professionnels médicaux, d’auxiliaires médicaux et, le cas échéant, de pharmaciens. Elle repose sur un projet de santé commun et peut être organisée sur un ou plusieurs sites.
Oui. Il peut notamment répondre à une recherche de forte autonomie dans l’organisation de l’activité. Il implique en revanche d’anticiper la gestion du cabinet, les coûts, les absences et le risque d’isolement professionnel.
Oui. Plusieurs possibilités existent : cabinet partagé, cabinet de groupe, maison de santé ou espace pluridisciplinaire. Les conditions d’exercice, les charges et les services proposés varient selon chaque modèle.
Il n’existe pas de modèle adapté à tous les médecins. Le choix dépend notamment de l’autonomie recherchée, du budget, du temps que vous souhaitez consacrer à la gestion et de la place que vous voulez donner au travail coordonné. Pour certains médecins, rejoindre une structure existante permet également de commencer par quelques créneaux avant de développer davantage leur activité libérale.






















